PASS / LAS : C'est la fin - Réforme de la première année de médecine
par Quentin Gicquel
L’accès aux études de santé en France est en pleine évolution. Après la suppression de la PACES en 2020 et l’introduction des parcours PASS (Parcours Accès Spécifique Santé) et LAS (Licences avec option Accès Santé), une nouvelle réforme se dessine. Objectif affiché : simplifier un système devenu trop complexe pour les étudiants. Dans cet article, on décrypte les enjeux, les limites du modèle actuel et les changements à venir.

Un système déjà réformé… mais encore perfectible
Depuis 2020, la PACES a été remplacée par deux voies principales d’accès aux études de santé :
le PASS, centré sur les matières de santé avec une option disciplinaire,
les LAS, des licences classiques avec une option santé.
Cette réforme avait plusieurs ambitions :
réduire le taux d’échec massif en première année,
diversifier les profils d’étudiants,
favoriser les réorientations.
Les résultats sont globalement positifs : davantage d’étudiants accèdent à la deuxième année sans redoubler et les parcours sont plus diversifiés.
Mais dans la pratique, des difficultés importantes sont apparues.
Une complexité devenue problématique
Malgré ses avancées, le système PASS/LAS est aujourd’hui critiqué pour son manque de lisibilité.
Selon le ministère, cette organisation est devenue trop complexe pour les étudiants et leurs familles, notamment à cause :
de la multiplicité des parcours,
des différences entre universités,
des règles d’admission parfois difficiles à comprendre.
Cette complexité génère plusieurs conséquences :
une difficulté à s’orienter dès le lycée,
des inégalités selon les territoires,
un stress accru chez les étudiants.
Face à ce constat, une concertation nationale a été lancée en octobre 2025 pour repenser le modèle.
Les objectifs de la nouvelle réforme
La réforme annoncée vise à corriger les limites du système actuel tout en conservant ses points forts.
Trois grands objectifs structurent cette évolution :
1. Simplifier l’accès aux études de santé
L’enjeu principal est de rendre le système plus lisible.
Le gouvernement souhaite réduire la complexité des parcours et rapprocher les différentes voies d’accès.
2. Garantir plus d’équité entre les étudiants
Aujourd’hui, les modalités d’accès varient selon les universités.
La réforme vise à harmoniser les pratiques pour garantir les mêmes chances à tous, quel que soit le territoire.
3. Maintenir la diversité des profils
Un point clé de la réforme de 2020 était l’ouverture à des profils variés.
Cette dimension sera conservée, car elle est considérée comme essentielle pour former des professionnels de santé plus complets.
Vers un modèle plus lisible et harmonisé
L’une des pistes majeures évoquées est la simplification des parcours, avec potentiellement :
une meilleure convergence entre PASS et LAS,
une organisation plus homogène au niveau national,
une clarification des modalités de sélection.
L’objectif n’est pas de revenir à l’ancien système, mais de construire un modèle :
plus compréhensible,
plus cohérent,
plus juste.
Comme le souligne le ministère, il s’agit de corriger les défauts sans renier les avancées de la réforme précédente.
Un calendrier progressif
La réforme ne sera pas immédiate.
Elle devrait entrer en vigueur au plus tard à la rentrée 2027, après :
une phase de concertation,
des propositions concrètes,
un passage devant le Parlement.
Ce calendrier permet de :
laisser le temps aux universités de s’adapter,
intégrer les retours des étudiants et des professionnels,
éviter une réforme précipitée.
Ce que ça change concrètement pour les étudiants
Même si les détails restent à préciser, plusieurs impacts sont déjà anticipables :
Une orientation plus claire dès le lycée
Les futurs étudiants devraient mieux comprendre les parcours possibles et les stratégies à adopter.
Moins d’incertitude dans les parcours
La simplification devrait limiter les différences entre universités et réduire les effets de “lotterie”.
Un système plus juste
Avec des règles harmonisées, les chances d’accès aux études de santé devraient être mieux réparties.
Pourquoi cette réforme est stratégique
Au-delà de la réussite étudiante, cette réforme répond à un enjeu plus large : l’accès aux soins.
Former davantage de professionnels de santé, mieux répartis sur le territoire, est une priorité nationale.
Un système d’accès plus efficace contribue directement à cet objectif.
Conclusion
La réforme de la première année des études de santé marque une nouvelle étape dans la transformation du système français.
Après avoir remplacé la PACES, il s’agit désormais d’aller plus loin :
simplifier,
harmoniser,
rendre le système plus humain.
Pour les étudiants, cela représente une opportunité majeure : celle d’évoluer dans un cadre plus clair, plus équitable et mieux adapté à leurs besoins.
Article rédigé par Quentin Gicquel